Prix Nobel d'Économie 2014, Président de la Toulouse School of Economics & Grande Référence Mondiale sur la Régulation, la Concurrence et l'IA

"L'économie doit avant tout être opérationnelle. Elle doit répondre à des problèmes concrets, pas seulement produire des modèles abstraits."

Économiste français né le 9 août 1953 à Troyes (Aube). Fils d'un père gynécologue obstétricien et d'une mère professeur de lettres. Au lycée, il s'intéresse surtout aux mathématiques, mais également à l'histoire et à la psychologie. C'est assez tardivement, à l'École polytechnique, qu'il découvre l'économie. Promotion 1973 de l'École polytechnique. École Nationale des Ponts et Chaussées. Doctorat de troisième cycle en mathématiques de la décision, Université Paris-Dauphine (1978). Doctorat en économie au MIT (1981), sous la direction d'Eric Maskin, Prix Nobel d'économie 2007. Ingénieur général des Ponts et des Eaux et Forêts. Directeur d'études à l'EHESS. Président de la Fondation Jean-Jacques Laffont - Toulouse School of Economics (TSE). Directeur scientifique de l'IDEI de Toulouse. Membre fondateur de l'IAST. Professeur invité au MIT. Membre de l'Institut de France. Élu à l'Académie des Sciences morales et politiques (2011). Médaille d'argent du CNRS (2002). Médaille d'or du CNRS (2007). Prix Nobel d'économie (2014) : troisième économiste français à recevoir cette distinction, après Gérard Debreu (1983) et Maurice Allais (1988). Commandeur de la Légion d'honneur (2025). Membre du Conseil présidentiel de la science (depuis 2023). Co-rapporteur avec Olivier Blanchard du rapport sur les grands défis économiques remis à Emmanuel Macron (juin 2021). Auteur de plus de 200 articles dans des revues internationales ainsi que 12 livres, dont en 2016 un livre destiné au grand public sur "L'Économie du bien commun". Intervenant au Forum de Davos, aux Rencontres Économiques d'Aix-en-Provence et dans de nombreux forums institutionnels et académiques internationaux.

Jean Tirole ne suit son premier cours d'économie qu'à l'École polytechnique. La rencontre est tardive mais décisive : il est fasciné par les questions posées, ainsi que par les méthodes utilisées pour y répondre, qui mobilisent analyse rigoureuse, empruntée au formalisme des mathématiques, et sciences sociales. En 1978, il traverse l'Atlantique pour une thèse au MIT. Il côtoie là-bas le gratin de la discipline, dont Paul Samuelson. À cette époque, l'économie était submergée par des mathématiques très abstraites. Jean s'est inscrit à contre-courant, dans des problématiques très concrètes.

Cette ambition de concret, il ne l'a jamais abandonnée. Ses travaux sur la régulation des monopoles naturels — télécommunications, énergie, transport, bancaire — ont transformé la façon dont les États régulent les marchés dans le monde entier. Ses recherches portent sur l'organisation industrielle, la réglementation, la théorie des organisations, la théorie des jeux, la finance, la macroéconomie, et la psychologie. Cette pluridisciplinarité est rare chez un économiste de ce niveau, et elle lui permet de répondre à des questions qui débordent largement le périmètre de l'économie académique traditionnelle : comment réguler l'intelligence artificielle ? Comment penser la concurrence dans l'économie numérique ? Comment concevoir des marchés qui servent vraiment l'intérêt général ?

En 2016, il publie "L'Économie du bien commun", livre destiné au grand public — un geste rare pour un Prix Nobel d'économie, qui choisit de sortir de la citadelle académique pour parler à tous les citoyens des grandes questions économiques qui façonnent nos vies. En grand-témoin lors de forums économiques, Jean Tirole apporte quelque chose d'irremplaçable : la rigueur du chercheur le plus distingué de sa génération, la clarté d'un homme capable de vulgariser sans simplifier, et l'engagement d'un économiste convaincu que la science économique doit servir le bien commun.