"From counter-terrorism to pandemics, my career has been about one thing : leading organisations through remarkable and pressurised times, and keeping millions of people safe."

Née le 14 juillet 1948 à Northampton. Père Lord Chancelier d'Angleterre. Études à Northampton High School, Benenden School. BA en littérature anglaise, Lady Margaret Hall, Oxford. Enseignante à Queen's Gate School, Londres (1971-1974). Recrutée par le MI5 en 1974. Travaux principaux en contre-terrorisme international et domestique. Responsable de l'enquête MI5 sur l'attentat de Lockerbie (1988). Officier de liaison senior, communauté du renseignement américain à Washington (première guerre du Golfe). 1992 : fonde et dirige la section anti-terrorisme irlandais sur le sol britannique. 1993 : promue au conseil d'administration du MI5. Directrice surveillance et opérations techniques. Directrice générale adjointe chargée des opérations de renseignement (1997). Directrice générale du MI5 (octobre 2002 - avril 2007) : 2e femme à ce poste après Dame Stella Rimington. Gestion de l'après-11 septembre, de la montée en puissance d'Al-Qaïda, des attentats du 7 juillet 2005 à Londres. Doublement des effectifs du MI5. Ouverture de huit bureaux régionaux. Création d'une académie de formation. Rupture avec la tradition en publiant des évaluations des risques terroristes en ligne. Dame Commander de l'Ordre du Bain (DCB, 2005). Retraite du MI5 (avril 2007). Baronne Manningham-Buller (life peer, crossbencher, 2008). Présidente de l'Imperial College de Londres (2011-2014). Gouverneure du Wellcome Trust (2008). Première femme présidente du Wellcome Trust (2015-2021) : supervision des financements de recherche médicale et de la réponse Covid-19. Lady of the Garter (2014). Chancelière de l'Ordre de la Jarretière (depuis juin 2024). Co-présidente de Chatham House avec John Major et Alistair Darling. 86e sur la liste Forbes des 100 femmes les plus puissantes au monde (2020). Quatre Reith Lectures pour la BBC (2011) : "Securing Freedom".

Eliza Manningham-Buller a commencé sa carrière comme professeure de littérature anglaise à Londres. Trois ans plus tard, en 1974, elle est recrutée par le MI5 — le service de contre-espionnage britannique. Elle ne dira pas comment. Pendant trente-trois ans, elle va traverser toutes les crises majeures de la sécurité intérieure britannique : l'IRA et ses attentats sur le sol anglais, Lockerbie, Washington pendant la guerre du Golfe, et enfin le 11 septembre 2001 et la montée en puissance d'Al-Qaïda.

C'est dans ce contexte qu'elle prend la direction du MI5 en octobre 2002. Elle hérite d'une organisation vieillissante, peu habituée à la transparence et à la communication externe, confrontée à une menace terroriste d'un genre nouveau. En cinq ans, elle double les effectifs, ouvre huit bureaux régionaux, crée une académie de formation interne et rompt avec la tradition du secret absolu en publiant des évaluations publiques des risques terroristes. Ce faisant, elle révolutionne autant la culture managériale du service que sa stratégie opérationnelle. Le 7 juillet 2005, les attentats de Londres frappent en plein milieu de son mandat. Elle dirige la réponse. Quatre ans plus tard, elle prononce pour la BBC les Reith Lectures — quatre conférences radiodiffusées sur le terrorisme et les libertés — devenant l'une des rares directeurs généraux des services de renseignement à parler publiquement de leur travail.

Après sa retraite du MI5, elle préside l'Imperial College de Londres, puis le Wellcome Trust, l'un des plus grands fonds caritatifs de recherche médicale au monde, où elle supervise la réponse au Covid-19. Deux organisations radicalement différentes, mais reliées par le même défi : diriger dans l'incertitude, protéger ce qui compte, anticiper l'imprévisible. En conférence, Eliza Manningham-Buller apporte une perspective unique et rare : celle d'une femme qui a dirigé l'une des institutions les plus secrètes du monde, et qui peut parler du leadership sous pression avec une autorité que très peu d'intervenants peuvent revendiquer.