"Chercheur In-Terre-Dépendant" · Co-Inventeur de la Collapsologie, Auteur de "Comment Tout Peut S'Effondrer" & Conférencier sur les Effondrements et l'Entraide

"L'utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. Mais l'effondrement n'est pas la fin — c'est le début d'autre chose."

Auteur, chercheur indépendant et conférencier franco-colombien né en 1978 à Versailles. Enfance à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, quelques années près de Cherbourg, voyages réguliers en Colombie d'où est originaire sa famille maternelle. Ses deux parents sont ingénieurs. Ingénieur agronome de Gembloux Agro-Bio Tech (Belgique). Docteur en sciences de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Recherches doctorales sur le comportement et l'écologie des fourmis, en Guyane française puis à Bruxelles en laboratoire : origine de sa passion pour les mécanismes de l'entraide. Se politise à 20 ans, en parallèle de ses études d'agronomie, en fréquentant les milieux libertaires et en lisant "L'Entraide, un facteur de l'évolution" de Pierre Kropotkine. Quitte le monde universitaire en 2008 pour se consacrer à la transition. Voyage à Cuba et au Venezuela : déclic sur l'agriculture urbaine et l'agroécologie. Travaille entre 2010 et 2014 au sein de Barricade (Liège), association d'éducation populaire. Co-invente avec Raphaël Stevens le terme "collapsologie" dans "Comment tout peut s'effondrer : petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes" (Seuil, 2015, postface Yves Cochet). Co-auteur de "Petit traité de résilience locale" (Éditions Charles Léopold Mayer, 2015). Co-auteur avec Gauthier Chapelle de "L'Entraide : l'autre loi de la jungle" (Les Liens qui libèrent, 2017). Co-auteur avec Gauthier Chapelle et Raphaël Stevens de "Une autre fin du monde est possible : vivre l'effondrement (et pas seulement y survivre)" (Seuil, 2018). Co-dirige un projet de recherche scientifique sur l'entraide en temps de crise. Fondateur de l'association "Le Réseau des Tempêtes". Conférence au Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) sur la collapsologie. Intervenant régulier au Collège de France, à Sciences Po et dans de nombreuses universités. Donne des conférences grand public en indépendant.

Pablo Servigne grandit à Saint-Germain-en-Laye, fils de deux ingénieurs, avec des racines colombiennes par sa mère. C'est pendant ses études d'agronomie en Belgique, à 20 ans, qu'il se politise en lisant Kropotkine sur l'entraide comme moteur de l'évolution. Une intuition profonde : la coopération, et non la compétition seule, est le vrai ressort du vivant. Il passe des années à observer les fourmis en Guyane et en laboratoire, fasciné par leurs mécanismes d'entraide, avant de quitter l'académie en 2008 pour aller chercher ce savoir là où il se construit vraiment : dans les communautés qui inventent des alternatives.

En 2015, avec Raphaël Stevens, il publie "Comment tout peut s'effondrer". Ils inventent le terme "collapsologie" pour désigner l'étude transdisciplinaire de l'effondrement de la civilisation industrielle. Le livre devient un phénomène : traduit dans plusieurs langues, discuté dans des think tanks, cité par des premiers ministres, enseigné dans des universités. Le sujet de l'effondrement est un sujet toxique qui vous atteint au plus profond de votre être : des années de recherches submergées par des vagues d'anxiété, de colère et de tristesse, avant de ressentir une certaine acceptation, et parfois de l'espoir et de la joie. Cette honnêteté sur le coût psychologique de ce travail fait partie de ce qui rend Pablo Servigne différent des conférenciers classiques.

Lors de ses conférences, il constate que les gens ont faim de sens, de liens et de joie. Son message n'est pas catastrophiste au sens d'une fatalité passive : c'est un appel à reconstruire des liens sociaux solides avant la crise, à développer des "membranes d'appartenance", à opposer au survivalisme individualiste un "supervivalisme" fondé sur l'entraide. Ses travaux portent sur l'étude transdisciplinaire des effondrements et de la résilience, mais aussi, en parallèle, sur les mécanismes d'entraide qui permettent d'envisager un siècle malgré tout heureux. En conférence, il apporte quelque chose de rare : la rigueur scientifique d'un docteur en biologie, l'engagement d'un militant de la transition, et la franchise d'un homme qui ne prétend pas avoir les réponses mais qui pose mieux que quiconque les questions qui comptent.