Du vestiaire au comité de direction : le rugby comme école du management
"Il ne suffit pas d'avoir de l'argent et d'engager des joueurs. Il faut un programme, un projet, une vision, des gens sur lesquels s'appuyer. Comme dans une entreprise."
Né en 1975 au Chesnay, fils de rugbyman, il grandit avec l'ovale dans les mains. Diplômé en sciences du sport à l'Université Paris-Saclay après un bac sport-études rugby au lycée Lakanal. Rejoint le Stade Français en 1997 sous les ordres de Bernard Laporte et remporte dès la première saison le Bouclier de Brennus. Champion de France en 1998, 2000, 2003 et 2004, et finaliste de la H-Cup 2001 face à Leicester. 12 sélections en équipe de France entre 1998 et 2001. Part jouer trois saisons en Angleterre aux Worcester Warriors (2004-2007), avant de terminer sa carrière au Racing Métro 92. Arrête sa carrière en juin 2008 pour raison médicale, une malformation cardiaque détectée en cours de saison. Reconversion immédiate dans les médias : consultant et commentateur sur RMC dès la Coupe du Monde 2007, puis commentateur numéro 1 de Canal+ en Top 14 dès 2012, couvrant la Coupe du Monde 2015 en Angleterre et les JO de Rio 2016 (rugby à 7). Manager des Barbarians français en 2016, coach mental du RC Lens en 2018. Nommé directeur général du Stade Français Paris en novembre 2019. Vice-président de la Ligue Nationale de Rugby de 2021 à 2025. Fondateur de Stade Académie, structure d'accompagnement scolaire et professionnel des joueurs de rugby. Consultant pour TF1 depuis la Coupe du Monde 2023.
Il n'était pas programmé pour ça. C'est lui-même qui le dit.
Thomas Lombard grandit au Chesnay avec un père rugbyman et un ballon ovale comme seul horizon. Il fait le chemin classique des jeunes talents : Versailles, Racing Club de France, puis le Stade Français en 1997, entraîné par Bernard Laporte. Dès la première saison, il est champion de France. Trois autres Boucliers de Brennus suivront, une finale de H-Cup, douze sélections en Bleu. Le parcours d'un joueur complet, discret, solide.
Puis en juin 2008, sur l'antenne de RMC, il annonce l'arrêt de sa carrière. Malformation cardiaque. Il a 33 ans. La page se tourne du jour au lendemain.
Ce qu'il fait ensuite, peu de sportifs l'ont fait aussi complètement. Il ne se contente pas de devenir consultant. Il plonge dans les médias à plein temps, devient le commentateur numéro 1 de Canal+ en Top 14, couvre la Coupe du Monde 2015 en Angleterre, les JO de Rio, les plus grandes affiches européennes. Douze ans à décrypter le rugby pour les autres, à comprendre ce qui fait gagner une équipe au-delà du talent individuel.
En 2019, Hans-Peter Wild, propriétaire du Stade Français, lui propose les rênes du club. Il dit oui. Sans avoir jamais dirigé une entreprise. Le Stade Français, c'est 150 salariés, un stade à rentabiliser, des joueurs professionnels à manager, et un projet sportif à reconstruire. Il prend le poste avec une conviction : ce que le rugby lui a appris sur le collectif, la confiance, la gestion de la pression et le sens du projet commun vaut autant dans un vestiaire que dans un comité de direction. C'est ce message qu'il porte aujourd'hui en conférence, avec la légitimité de quelqu'un qui l'a vécu des deux côtés de la ligne.
